Un rapport Américain vient de mettre le feu aux poudres, les libristes sont maintenant montrés du doigts au même titre que les pirates informatique ou les fabricants de contrefaçons -vêtements,médicaments, chaussures etc…

Alors qu’est ce que ce rapport? Il se nomme le « Special 301 Report » et cherche à dresser un bilan du respect de la propriété intellectuelle dans le monde. La carte ci dessous vous donne le classements des pays en trois catégories : En rouge les pays à surveiller en priorité, en Orange les pays en “surveillance inférieure” et les autres en gris.

Pourquoi les défenseurs du logiciels crient-ils au scandale alors? Tout simplement par ce que dans ces pays “rouges” figurent des nations qui ont pour seul tord de favoriser le logiciel libre. Curieux amalgame non? L’Inde, le Brésil et l’Indonésie sont dans ce cas. Le  lobby du copyright, au travers de ce rapport, dénonce l’expansion du logiciel libre aux 4 coins de la planète,  et dans ces 3 pays en particulier. Effectivement un état qui s’oriente vers des solutions libres c’est d’autant moins de licences vendues par Microsoft ou Apple et donc un gros manque à gagner.

« La politique du gouvernement indonésien (…) affaiblit l’industrie du logiciel et sabote sa compétitivité à long terme en créant une préférence artificielle pour des sociétés qui proposent des logiciels open source et des services dérivés, et va même jusqu’à refuser l’accès du marché gouvernemental à des entreprises reconnues.

Au lieu de promouvoir un système qui permettrait aux utilisateurs de bénéficier de la meilleure solution disponible sur le marché, indépendamment du modèle de développement, elle encourage un état d’esprit qui ne reconnaît pas à sa juste valeur la création intellectuelle.

Ainsi, elle échoue à faire respecter les droits liés à la propriété intellectuelle et limite également la capacité du gouvernement ou des clients du secteur public (comme par exemple les entreprises nationales) à choisir les meilleures solutions. »

Pour vous donner une idée des gains engendrés par un basculement en solutions libres il suffit de prendre l’exemple de la gendramerie Française quià migrer 70 000 postes informatiques sous Ubuntu en Janvier 2008. A l’époque on nous expliquait :

“Avec les logiciels libres, nous n’avons pas eu à passer de marché public sur toutes les couches. 70% sont en logiciels libres et nous économisons donc à ce jour 700 000 licences de 25 à 300 euros l’unité. Lorsque, chez nous, nous déployons un logiciel à 100 euros/poste, c’est un budget de 7 millions d’euros !

Ce qui est grave c’est que ce rapport tend à opposer les logiciels libre et la propriété intellectuelle. C’est bien entendu complètement faux, tout comme l’idée que le libre est gratuit et qu’il ne permet pas de créer de l’économie. Ubuntu -ou plutôt Canonical- et WordPress sont deux bons contre exemples à cet argumentaire. Ces deux entreprises proposent des produits libre mais font un bénéfice non négligeable en vendant du service ou des produits annexes.

En fait ce qui apparait c’est une opposition entre deux modèles, l’un basé sur la propriété le secret et l’opacité, l’autre au contraire sur l’ouverture, la transparence et le codesign.

De l’économie de la rareté à l’économie de l’abondance le pas n’est pas facile à franchir et les vendeurs de logiciels, tout comme les vendeurs de disques, ne veulent pas croire que cela est inévitable…Le problème c’est que ce sont des entreprises particulièrement puissantes et que cela influent sur le développement de pays qui n’ont rien demandé, dommage…

source : Framablog , numérama et cio-online